Carême 2021 avec Padreblog / Lettre n°40
rameaux

Dimanche des Rameaux et de la Passion

Chers amis,

Pour entrer spirituellement en cette Semaine sainte, nous vous proposons une méditation sur le sens du dimanche des Rameaux.

Méditation

Il est fort à parier que la foule qui acclame Jésus en ce dimanche des Rameaux est aussi celle qui hurlera « Crucifie-le », vendredi prochain. En cinq jours, les habitants de Jérusalem n’ont pas changé. Ce sont les mêmes ! Mais le cœur de l'homme est versatile, changeant et si capricieux. Alors qu'on racontait l'épisode de la passion du Christ à Clovis, jeune catéchumène, le roi des Francs s'écria : « Que n'avais-je été là avec mes Francs ! ». Mais saint Rémi lui répondit avec sagesse et réalisme : « Vous auriez fait comme tout le monde : vous auriez crié à mort ».

Le drame de l'humanité est tout entier contenu dans la liturgie des Rameaux, le seul dimanche de l'année où l'Église nous propose de méditer deux évangiles : celui de l'entrée solennelle de Jésus dans Jérusalem et celui de la passion. Il nous permet de poser une question : mais qui donc est responsable de tout cela ? Il n'y a qu'une réponse possible : nous tous. A cause de tous les péchés et tous les crimes que les hommes ont commis depuis le commencement du monde jusqu’à ce jour, mais aussi ceux qu’ils commettront encore jusqu’à la consommation des siècles. Les pécheurs eux-mêmes furent les auteurs et les instruments de toutes les peines que Jésus a endurées. On comprend mieux ce qu'écrivait Isaïe : « C’est à cause de nos révoltes qu’il a été transpercé, à cause de nos fautes qu’il a été broyé. Le châtiment qui nous donne la paix a pesé sur lui : par ses blessures, nous sommes guéris » (Isaïe 53, 5). C'est à cause de moi mais c'est aussi pour moi que Jésus a souffert.

A deux mille ans de distance, Jésus nous convie à vivre avec lui une semaine qui est au cœur de notre foi. Comment allons-nous vivre ces journées ? Comme un historien, comme un philosophe ou bien comme un croyant ? En spectateur ou en acteur ? Cette interrogation est surtout prétexte à une petite résolution que nous pourrions prendre : vivre cette semaine le plus intensément possible. Le Christianisme n’est pas quelque chose, c’est quelqu’un. Cette semaine, vais-je la vivre comme un reportage historique ou comme une communion avec celui qui me donne ma vie d’enfant de Dieu ?
Abbé Pierre Amar

[Extrait de "Mon Carême avec saint Damien de Molokaï" de la revue Parole et prière, mensuel pour prier, adorer, célébrer - www.paroleetpriere.fr]
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