Carême 2021 avec Padreblog / Lettre n°46
samedi saint

Samedi Saint

Chers amis,

Ce jour où nous sommes appelés à demeurer dans le silence de la mort du Christ est aussi pour nous le dernier jour du jeûne de notre parcours de Carême. Que le Seigneur nous comble à la mesure du désir creusé par ces semaines de jeûne !

Avec le Père Damien de Molokaï

Les funérailles du Père Damien dans le cimetière de Kalawao sont une véritable fête. Une célébration dans l’esprit de la culture hawaïenne mais aussi, pour les lépreux, la fête de l’entrée du prêtre dans la vraie Vie, après un séjour si douloureux sur l’île de la mort. Sur la tombe, on fait graver cette inscription : « A la mémoire du Père Damien de Veuster, mort martyr de la charité pour les infortunés lépreux ». C’est en 1936 que son corps sera ramené en Belgique et inhumé dans la crypte de l’église Saint-Antoine à Louvain. En 1937, son procès en béatification commence mais ce n’est que le 4 juin 1995 qu’il est béatifié par le pape Jean-Paul II à Bruxelles, le jour de la Pentecôte. Il est canonisé à Rome par Benoît XVI le 11 octobre 2009.

[Extrait de "Mon Carême avec saint Damien de Molokaï" de la revue Parole et prière, mensuel pour prier, adorer, célébrer - www.paroleetpriere.fr].

La Parole du jour

« Tous les hommes ont le droit d’avoir, de la part de leurs frères, une main tendue, une parole, un regard, une présence patiente et aimante, même s’il n’y a pas d’espoir de guérison (…) La souffrance est pour l’humanité un mystère inexplicable ; si elle écrase l’homme laissé à ses propres forces, elle trouve un sens dans le mystère du Christ mort et ressuscité, qui demeure proche de tout être et qui lui murmure : « Courage, j’ai vaincu le monde » (…) Pour confirmer jusqu’au bout la vérité de son témoignage, Damien de Veuster a offert sa vie. Qu’aurait-il pu offrir d’autre aux lépreux, condamnés à une mort lente, sinon sa propre foi et cette vérité que le Christ est Seigneur et que Dieu est amour ? Il devint lépreux au milieu des lépreux, il devint lépreux pour les lépreux. Il a souffert et il est mort comme eux, croyant en la résurrection dans le Christ, car le Christ est Seigneur ! » (extrait de l’homélie du pape Jean-Paul II pour la béatification du Père Damien, 1995).

Le mot du Padre

Dieu est mort ! Ce blasphème est en ce jour une vérité profonde, crue, bouleversante. Oui, en Jésus, Dieu est mort. Les cloches se sont tues. Les églises, de tous leurs ornements, sont dévêtues. Les autels sont nus. C’est l’heure du silence.
Et pourtant ce corps inerte est encore une parole. Une parole à recueillir en silence. Que dit-elle ? Que Jésus a été jusqu’au bout du don de lui-même. Jusqu’à connaître la détresse de la souffrance et la froide étreinte de la mort.
Et c’est précisément là que la situation se renverse : celui qui est mort vient vaincre la mort sur ses propres terres. Dans le royaume de la mort retentit alors la voix de Dieu. Le Verbe de Vie vient réveiller les morts de leur sommeil pour les entrainer à sa suite dans la vraie Vie. Avec la Mère douloureuse qui a recueilli le corps sans vie de son Fils, continuons d’espérer au-delà de toute espérance : de toute mort, Dieu peut faire jaillir la vie.
Père Jean-Baptiste Siboulet
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